|
Histoire
Avant Senneterre, il y eut...
Senneterre a jadis porté les noms de « Nottaway », « Bell River »,
« Caopiwiquasikak » et peut-être plusieurs autres.
On a l’habitude de faire commencer l’histoire d’un patelin à
partir de la date officielle de sa fondation, mais la fréquentation
d’un lieu précède souvent de plusieurs années, voire de plus d’un
siècle, son établissement permanent. C’est notamment le cas de
Senneterre, dont l’histoire véritable est plus ancienne que celle de
n’importe quelle autre localité de l’Abitibi.
Aussi tôt qu’en 1689, Jacques Le Moyne de Sainte-Hélène se rend à
la « Mer du Nord » (la baie James) en canot d’écorce pour porter des
vivres aux Français gardiens des forts conquis trois ans plus tôt sur
les Anglais par son célèbre frère, Pierre Le Moyne d’Iberville. Parti
de Montréal, il emprunte le cours de la rivière du Lièvre, gagne le
Grand Lac Victoria, franchit la hauteur des terres pour redescendre
les rivières Bell et Nottaway jusqu’au Fort Rupert. Un voyage de six
semaines dont on ne conserve aucun autre détail.
Plus tard, des postes de traite ont été installés sur les rives de
la Baie James par la Hudson’s Bay Company (Compagnie de la Baie
d’Hudson). Pour lui faire concurrence, des Français en ont implanté à
l’intérieur des terres, afin d’intercepter les Indiens en route vers
les postes anglais et leur acheter leurs fourrures.
En 1785, une compagnie, la North West, formée de marchands
anglo-montréalais, acquit les postes d’Abitibi, de Témiscamingue et
du Grand Lac Victoria. De ce dernier endroit, après un portage
facile, les traiteurs de la North West descendaient la rivière Bell
vers le lac Shabogama (aujourd’hui lac Parent), d’où ils pouvaient
concurrencer la King’s Post en achetant les fourrures des chasseurs
locaux.
Le lieu de rencontre était justement le pied de ce rapide appelé
Caopiwiquasikak, où se titue aujourd’hui la ville de Senneterre.
Source:le livre "Senneterre en fête, Souvenirs en tête"
Auteur de cette partie du texte :Jean-Marie Laflamme
|